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Marie-Gabriel Choiseul Gouffier: Voyage pictoresque en Grèce | Hellenismos.com
Marie-Gabriel Choiseul Gouffier: Voyage pictoresque en Grèce

Marie-Gabriel Choiseul Gouffier: Voyage pictoresque en Grèce

Posted February 6th, 2010 by webmaster

MARIE-GABRIEL CHOISEUL GOUFFIER

(1776)

 

Pour le futur ambassadeur à Constantinople, la Grèce est en 1776 le pays des apprentissages. Choiseul-Gouffrier a juste vingt-quatre ans lorsqu'il s'embarque sur la frégate L'Atalante, commandée par le marquis de Chabert. Avant d'explorer l'Asie Mineure, le jeune homme découvre, de mars à juin, la pointe sud du Péloponnèse, les Cyclades, Chio et Mytilène. Dès le départ, ce disciple de l'abbé Barthélemy veu transformer son expérience en un livre et l'imagine avec une riche illustration. Pour cette raison, bien qu'il soit lui-même un bon dessinateur, il a pris à son service un architecte, Foucherot, et des peintres, Jean-Baptiste Hilaire et le baron François de Tott. Le premier tome du Voyage pittoresque en Grèce paraît en 1782; c'est un grand in-folio qui s'inspire des Ruines des plus beaux monuments de Grèce de Le Roy. C'est un recueil de gravures commentées. L'image suscite et soutient le commentaire. Ce travail, à la fois d'invention et de compilation, fair place aux impressions presonnelles, aux souvenirs de lecture et aux citations d'auteurs anciens. L'ensamble est précédé d'un «Discours préliminaire». Il forme comme l'acte de foi du voyageur.

 

DISCOURS PRÉLIMINAIRE

 

Lorsque je quittai Paris pour visiter la Grèce, je ne voulais que satisfaire la passion de ma jeunesse pour les contrées les plus célèbres de l'Antiquité; ou si j'osais me flatter d'ajouter quelques observations à celles des voyageurs qui m'avaient précédé, d'échapper à quelques-unes de leurs méprises, de réformer quelques erreurs de géographie, cet intérêt n'était pas et ne pouvait être, vu la faiblesse de mes moyens, le motif qui me déterminait. J'étais entraîné par une curiosité dévorante que j'allais rassasier de merveilles; je goûtais d'avance le plaisir de parcourir cette illustre et belle région un Homer et un Hérodote à la main, de sentir plus vivement les beautés différentes des tableaux tracés par le poète, en voyant les images qu'il avait eues sous les yeux, de me rappeler avec plus dintérêt le splus célèbres événements de ces siècles reculés, en contemplant les lieux mêmes qui en furent le théâtre: enfin je me pèropmettais une foule de jouissances sans cesse renaissantes, une ivresse continuelle, dans un pays où chaque monument, chaque débris et pour ainsi dire chaque pas, transportent à trois mille ans l'imagination du voyageur, et le placent tout à la fois au milieu des scènes enchantées de la fable, et des grands spectacles d'une histoire non moins féconde en prodiges. Je ne puis encore, même plusieurs années après, me tracer sans émotion mes courses sur cette mer semée d'îles, dont les tableaux délicieux varient sans cesse pour le navigateur, et dont le moindre rocher s'offre à l'imagination, peuplé de dieux ou de héros; et la terre de Délos et le rivage de Troie, et surtout le jour, où abordant au Pirée, je volai vers Athènes, heureux de fouler ce sol fameux, et le cœur battant d'impatience de contempler les restes de sa grandeur. Chaque objet était pour moi la source d'une sensation nouvelle; voici les vestiges de ces longues murailles qui joignaient le port à la ville; sous ces forêts antiques d'oliviers et de platanes, se promenaint Démosthène, Socrate; j'y voyais Aspasie. Cet édifice imposant que le temps a respecté, et que le soleil près e l'horizon dore de ses feux, c'est le monument que dédièrent à Thésée le Grecs vainqueurs à Salamine; et déjà sur le sommet de la citadelle, s'aperçoivent les ruines précieuses de ce temple de Minerve, chef-d'œuvre des arts de l'Attique, dans le beau siècle de Périclès.

    Mais après ces premiers instants d'illusions, je ne tardais pas à m'apercevoir que j'étais aussi venu chercher lien loin de justes er fréquents regrets. Je sentais tout ce qui me manquait pour tirer de mon voyage une utilité réelle, et qui en aurait accru l'intérêt pour moi-même; je sentais qu'il aurait fallu joindre aux connaissances ordinaires sur l'histoire grecque, des connaissances plus étendues sur les antiquités, sur les différentes parties de la physique et de l'histoire naturelle, et sur tout ce concours de vues nécessaires pour bien juger de l'état politique et civil d'une nation; enfin j'eus le regret d'avoir fait ce voyage sept ou huit anstrop tôt; c'est en effet avec les yeux de la maturité qu'il importait de voir un tel pays, et peut-être en général est-ce dans cette époque qu'il faudrait placer ces voyages. Dans la première jeunesse, on n'a pu s'enrichir de toutes les connaissances convenables; et quand l'esprit serait alors dans sa force, ce qui n'est vrai qu'à l'égard d'un très petit nombres d'êtres privilégiés, il n'a pas encore l'étendue dont il est susceptible, et qu'il acquiert avec le temps; il ne peut suffire à tant d'observations de genres différents; et d'ailleurs, il voit la plupart des objets à travers l'enthousiasme qui les exagère ou, ce qui est encore pis, il en voit quelques-uns avec un défaut d'intérêt qui les anéantit. Dans un âge plus avancé les lumières sont, il est rai, plus étendues, mais on a perdu en partie cette vivacité de sensations qui fait le charme des voyages, qui se répand sur les objets observés par le voyageur, et sur l'image qu'il en retrace dans ces récits: on s'est alors trop souvent formé une stérile habitude de ne voir, de ne sentir que par les livres et d'en adopter les préjugés. L'imagination est affaiblie, et c'est trop perdre en parcourant ces beaux climats, que de perdre les plaisirs dont elle est la source. Ils tiennent pour la plupart à des idées et des sentiments qui, dans nos constitutions modernes, ne survivent guère à la première jeunesse. Ce noble enthousiasme, cette admiration passionnée pour d'antiques vertus qui ne sont plus à notre usage, l'homme trop instruit par le temps et les réflexions, les range d'abord avec douleur, mais ensuite trop facilement, parmi les illusions de son jeune âge. La triste expérience lui a montré qu'elles appartiennent à un ordre de choses différent de celui où il se trouve placé: il se répète sans cesse qu'il faut donner tout à la raison, ne rien accorder à cet enthousiasme, qu'il appelle une ardeur inutile autant qu'indiscrète; qu'il faut descendre à des vertus plus vulgaires,  moins étrangères à la société telle qu'elle existe, et surtout à lui-même. Le sentiment des maux dont il a été témoin et souvent même victime, le souvenir décourageant de tant de vertus qu'il a vues languir dans l'inutilité ou gémir dans le malheur, finissent  quelquefois par affaiblir en lui la haine du vice et l'amour du bien: heureux, si, en repoussant ces illusions dont s'accroissait à la fois l'énergie de son esprit et celle de son âme, il ne tombe pas jusque dans cette immobile et languereuse indifférence, qui est un hommage refusé à la vertu, une paix accordée au crime, et un crime elle-même; heureux, si, en examinant les causes des maux et des abus qu'il a longtemps déplorés, et voyant à quelles racines profondes ces abus sont attachés, il ne désespère pas du bonheur des hommes, et ne renonce pas totalement à l'honorable désir d'y contribuer.

    La plupart de ces inconvévients s'affaiblissent ou disparaissent pour l'homme qui voyage dans la maturité; placé à égales distances entre les deux termes de la vie humaine, il participe aux avantages de l'un et de l'autre, il joint la vivacité du sentiment à la force de la réflexion. La lumière naturelle de son esprit 'est accrue par les lumières acquises; il a encore le courage de tenir aux idées qui lui sont propres, de comparer cw qu0'il voit à ce qu'il a lue, et de juger le jugement d'autrui, quelqu'imposant qu'il puisse paraître: son esprit, en s'étendant,  a du mopins appris où il faut poryter ses égards, et connaissant la variété de ces questions morales et politiques qui partagent les opinions, il est en état de demander aux différents objets dont il s'entoure et qu'il interroge, la solution de tous ces problèmes; sa raison et son imagination, au lieu de se combattre, se prêtent un mutuel secours. La raison a détruit quelques illusions sand doute, mais elle n'a pas détruit l'imagination qui les faisait naître; enfin il admet ancore la possibilitéde voir les hommes heureux; car la perte de cette illusion est la dernière perte à laquelle la jeunesse puisse se résoudre.

    Tel est l'âge que j'aurais dû attendre pour voir la Grèce avec plu de fruit; et qoique je ne puisse jamais me flatter de réunir ces avantages, j'aurais du moins obtenu celui d'examiner ce pays avec des yeux plus exercés; au défaut de mes propres lumières, j'aurais eu peut-être celles de mon siècle, puisqu'avec du temps et des soins, on parvient à les acquérir; mais ce qui, dans cette supposition même, m'aurait toujours manqué, c'est le talent nécessaire pour bien décrire la Grèce moderne, et surtout pour parler dignement de la Grèce ancienne, de ce pays, tout à la fois le berceau de la liberté et la patrie des vertus et des arts.

    Quel spectacle de voir entre l'Asie civilisé, mais esclave, et l'Europe libre, mais barbare, une nation faible d'abord, bientôt puissante, naître, se former, s'accroître pour unir les avantages de la liberté et de la civilisation, dépouiller l'une de sa grossièreté férpce, purger l'autre des empreintes de la servitude, élever au plus haut degré la dignité de l'homme, porter en même temps au plus haut point tous les arts du génie, et pur ajouter encore au prodige, consommer dans le court espace d'un siècle, cet ouvrage de grandeur et de glire, qui fixera pour jamais l'attention de tous les âges. Avec quelle surprise ne voyons-nous pas dans une enceinte bornée, vingt peuples différents d'edsprit et de mœurs, unis par une ressemblance générale et ne formant qu'un seul peuple, comme leurs dialectes variés ne formainet qu'une seule langue, plusieurs de ces peuples rivaux de vertus et de gloire, de petits Étas et une grande puissance, une scène étroite et de grands événements, des mœurs élégantes et de grands caractères, toutes les sciences inventées ou perfectionnées, le génie et la vertu célébrés dans les fêtes publiques et dans les solennités nationales, l'un et l'autre consacrés à une mémoire immortelle dans tous les monuments des arts, dont les débris sacrés appellent encore dans ces régions malheureuses les hommes éclairés de tous les pays.

    C'est avec le fond de ces idées plus ou moins développées que j'arrivai dans la Grèce: il faut connaître à la fois l'enthousiasme des beaux-arts, celui de la jeunesse et l'empire que l'aspect des lieux exerce sur l'imagination pour concevoir la foule des sentiments qui saisirent et occupèrent toutes les facultés de mon âme: en vain j'avais lu cent fois la description de l'état déplorable où la Grèce était réduite, en vain je m'en était souvent moi-même composé le tableau: récits, relations, histoire, tout fut oublié comme par un enchantement soudain; j'éprouvait le même sentiment qui si, après avoir été témoin de son ancien éclat, je fusse revenu tout à coup contempler sa ruine récente; je franchissais tant de siècles interposés entre ce que je voyais et ce que j'avais lu de son anqique prosperité, je ne m'accoutumais point à ne retrouver que sur des débris la splendeur de ces lieux si renommés; je m'indignais contre cette fureur insensée qui a pu détruire tant de beaux monuments, et j'oubliais que la religion des Turcs, secondant leur grossière ignorance, leur fait un devoir superstitieux de briser les statues et de détruire les tableaux. Il me semblait que la vue de tant de chefs-d'œuvre si précieux aurait dû faire tomber les armes des mains les plus féroces, ouvrir à l'admiration les yeux les plus stupides; et me rappelant ce privilège unique qui, dans l'Antiquité, consacrait l'île de Délos, qui faisait de son enceinte un asile inviolable pour tous les peuples, d'où le crime s'écartait volontairement, et dont la guerre même n'osait approcher, il me semblait que la Grèce entière eût  dû éprouver de toutes les nations ce même respect religieux, et participer au privilège dont elle avait honoré le berceau du dieu des Arts.

    À ces premiers regrets succédait bientôt un sentiment plus douloureux encore, et que faisait naître l'excès d'opprobre et d'humiliation ou sont tombés les descendants de ces hommes si célèbres: comment voir sans indignation de stupide musulman, appuyé sur les ruines de Sparte ou d'Athènes, imposer traquillement les tributs de la servitude, en des lieux où les poignards ont été tant de fois aiguisés contre la tyrannie. Il en coûte pour mépriser l'infortune; aussi cherchais-je, au milieu de la dégradation que j'avais sous les yeux, à démêler quelques traits héréditaires du caractère des Grecs, comme j'eusse cherché l'empreinte d'une médaille antique sous la rouille qui la couvre et qui la dévore; je recueillais avec toute l'attention de l'intérêt les preuves d'intelligence, d'activité, de courage dont le hasard me rendait témoin. Dans ces scènes violentes et passagères, que nécessitent enfin quelquefois les ministres de l'oppression, dans cette chaleur qui souvent fait terminer aux Grecs leurs querelles particulières par des actes de violence, jamais à retrouver quelques  vestiges de leur ancienne énergie, je la cherchais même  jusque dans les emportements d'une grossièreté souvent importune aux voyageurs; en un mot je leur aurait pardonné d'être féroces, mais je ne pouvais leur pardonner d'être vils.

    Chez un autre peuple, je n'eusse été touché sans doute que d'un sentiment de pitié pour des hommes opprimés par la force, et courbés sous la tyrannie; mais ces esclaves n'étaient pas seulement des hommes, c'était la postérité des Grecs; et mon respect pour leur nom aggravait à mes yeux leur avilissement. Ce beau nom déshonoré; tant de gloire humiliée, écartant l'attendrissement qu'inspire un malheur sans opprobre, me révoltaient davantage contre leur lâcheté et leur abjectrion; c'est ainsi que l'intérêt même qu'ils m'inspiraient, me portait à les juger avec trop de sévérité. Je ne pensais point assez à l'assemblage des causes, à l'enchaînement des circonstances funestes qui les ont accablés, et qui auraient  dû les anéantir sans retour. Et depuis l'instant qui les soumit aux Romains, quelle est l'époque où ils eussent pu recouvrer leur liberté? Plus on parcourt l'histoire, plus on voit qu'il n'en exista jamais aucune; le dirai-je, c'est depuis leur asservissement absolu, c'est depuis la prise de Constantinople par Maomet II, que leur chaînes plus pesantes sont peut-être moins difficiles à rompre:  l'instant qui a consommé leur servitude, est peut-être celui qui les approche le plus à la liberté. L'espérance peut rester aux vaincus, tant qu'ils ne sont pas mêlés sans retour avec leurs vainqueurs; ici, tout sépare les deux nations; religion, mœurs, usages, tout se heurte, tout se combat sans relâche et pour jamais. Ainsi est-ce depuis cette époque que leurs efforts pour sortir d'esclavage ont été plus fréquents et plus multipliés; c'est ce qui m'engage à réclamer contre le mépris qu'on leur prodigue, et que je me suis senti si près de ne pas leur épargner moi-même. L'esclave qui s'agite et se tourmente dans sa chaîne peut bien être insensé, mais il ne saurait être vil: son agitation même le saue du mépris, et lui conserve quelques droits à l'estime. Sous ce point de vue les Grecs imaptients du joug qui les écrase, redeviennent intéressants: et quelle est la nation moderne qui ait signalé son amour pour la liberté par une haine soutenue contre les tyrans qui la lui ont ravie? n'est-ce rien après quatre siècle, que de détester ses vainqueurs autant que le premier jour, de s'être révoltés mille fois, et d'être tout prêts à se révolter ancore? s'ils parurent soumis durant leur asservissement aux Romains, c'est que sous les Romains, les Grecs conservèrent du moins l'image de la liberté; et cette générosité de leurs vainqueurs fut ce qui assura la servitude des vaincus. Dans l'esclavage de l'univers, celui des Grecs fu encore le plus doux, et ce fut un bonheur pour les arts et pour l'humanité, que la politique des Romains eût  conservé dans la plupart des villes grecques, l'apparence de la liberté civile. C'est ce qui pu le craindre: c'est ce qui maintint encore pendant quelque temps chez eux, le goût des lettres et des arts par le quel ils adoucirent et captivèrent leurs vainqueurs. Ces formes républicaines, qu'ils retrouvaient autour d'eux dans la servitude publique, retardaient la dégradation de leur caractère en les anoblissant à leurs propres yeux; mais amusés et distraits par une liberté illusoire, rien ne les rappelait à leur amour pour leur antique et véritable liberté.

    Rome, où ils régnaient par le goût des sciences, des lettres et des arts qu'ils y avaient porté, Rome était en quelque sorte leur patrie commune; et tandis que la foule des Grecs se repaissait dans leurs villes municipales du vain souvenir de leur gloire passée, les hommes de génie de tous les genres accouraient dans la capitale de l'univers, qu'ils regardaient comme le seul théâtre digne de leurs talents. La révolution qui transporta le siège de l'Empire sur le Bosphore, dut exciter d'abord chez les Grecs une ivresse universelle; Rome abandonnée pour une ville grecque, fut à leurs yeux une victoire que la Grèce remportait sur Rome; mais que pouvait après tout produire une révolution si brillante? Les idées de patrie et de liberté achevèrent de s'évanouir: plus près du trône, ils n'en furent que plus dégradés; les vices de la cour s'en répandirent plus rapidement sur la masse entière de la nation; les dignités usurpèrent les hommages consacrés à la vertu: plaire à un maître fut le seul but de ses sujets. Ils y employèrent tous les talents que leur avait prodigué la nature, activité, esprit, grâces, séduction, éloquence, dons précieux, autrefois instruments de leurs vertus, et qui le devinrent de leur abjection: dès lors leur caractère fut un mélange de ruse, de bassesse, de férocité et de superstition; leur esprit, dégénérant en subtilité, porta la métaphysique dans les disputes religieuses; et cet entêtement scolastique, mêlé aux fureurs du fanatisme qui semblait s'accroître dans les malheurs de l'Empire, plongea la Grèce dans le dernier degré d'avilissement, et fit de son histoire unm tissu de crimes et de perfidies.

    C'est dans cet excès de dégradation qu'était tombé l'Empire, à l'époque de la prise de Constantinople; et l'on peut dire, que les revers qui asservirent les Grecs aux musulmans, n'ajoutèrent rien à leur avilissement. Dès longtemps esclaves de leurs vices, encore plus que de leurs souverains, ils y joignaient la honte de chérir leur servitude; esclaves des Turcs, ils l'abhorrent maintenant, et c'est un pas vers la liberté. À la haine qu'ils ont vouée à leurs vainqueurs, ils semblerait que la prise de Constantinople est une calamité récente. Il ne faut pas, comme l'ont fait la plupart des voyageurs, juger tous les Grecs par ceux de la capitale ou des grandes villes, attachés à quelques grands dont ils attendent leur fortune, et encourageant des vexations dont ils doivent profiter. C'est dans les campagnes, c'est loin du siège de l'Empire qu'il faut les connaître. L'amour de la liberté n'est pas encore absolument éteint dans tous les cœurs, ils saisissent avec avidité tout ce qui peut les flatter de cet espoir. Tant d'efforts inutiles ou plûtot funestes et si cruellement punis n'ont pu dompter entièrement l'opiniâtreté de leur courage, et leurs chaînes si souvent ressérrées, si souvent appesanties, ne peuvent, même aujourd'hui, les tenir dans l'immobilité que leur commande l'œil soupeçonneux de leurs tyrans. Pourquoi dans des circonstances plus favorables, avec  des chefs plus habiles, des mesures mieux concertées, leurs efforts ne seraient-ils pas enfin payés d'un succès plus heureux? Ces climats peuvent encore poduire des actes de patriotisme et de vertu, capables de surprendre les nations les plus civilisées de l'Europe. Disons-le hardiment, il existe encore dans la Grèce quelques hommes capables de rappeler la mémoire de leurs ancêtres; c'est chez les peuples habitant des montagnes, que se conserve encore l'esprit de liberté qui anima les anciens Grecs; il respire encore chez ces peuples, sous l'abri de ces rochers qui repoussent loin d'eux les vices et les tyrans. Dans tous les siècles et dans tous les pays, les montagnes sont, ainsi qu'on l'a observé plus d'une fois, l'asile de la liberté; se sont les ramparts et les forteresses, que la nature a construites contre les oppresseurs du genre humain, qu'elle a d'ailleurs si bien servis. Là, se formèrent ces guerriers vainqueurs de l'Italie sous Pyrrhus, et redoutables pour Rome elle-même au temps de sa vraie puissance, c'est-à-dire de ses vertus et de ses mœurs, avant qu'elle fût corrompue par ses succès, et affaiblie par sa grandeur; c'est là, que cette même Rome, enfin soumise à des maîtres, allait chercher ses soldats qui, sous le nom de légions d'Illyrie, faisaient la force de ses armées, et qui disposèrent plus d'une fois de l'Empire; enfin, c'est contre ces rochers, que vint se briser la puissance ottomane à l'époque où elle était la plus formidable; c'est là qu'au XV siècle, ce grand Scanderberg, ce héros de la Chrétienté, vainqueur d'Amurath et de Maomet II, renouvela avec un petit nombre de guerriers, les prodiges opérés dix-huit siècles auparavant dans les campagnes de l'Attique et de la Béotie; et tel est constamment le génie belliquex de ces peuples que, cherchant partout la guerre, ont les trouve jusque dans notre histoire, et que sous le nom d'Albanais, on les vois souvent pendant le XVI siècle, tant en France qu'en Italie, participer à la gloire et au malheur de nos armes. Il existe dans la Grèce une autre nation plus intéressante encore, et dont l'origine réveille de plus grandes idées: ce sont les descendants des anciens Spartiates, connus aujourd'hui dans le Lévant sous le nom de Maniotes. C'est là, c'est sur les monts Taygètes, qu'armés pour la cause commune, robustes, sobres, invincibles, libres comme au temps de Lycurgue, ils défendent avec succès, contre les Turcs, cette liberté qu'ils ont maintenue contre tous les efforts de la puissance romaine. C'est en vain que les Turcs ont fréquemment envoyé contre eux de nombreuses escadres et des armées formidables; un petit nombre d'hommes libres a vaincu des milliers d'esclaves. Là se sont réfugiés, après la ruine de Constantinople, les Comnènes, les Paléologues, les Phocas, les Lascaris, jadis souverains d'un peuple avili, et maintenant les égaux d'un peuple libre. Là sont ensevelies des actions héroïques, dignes d'être transmises à la postérité, par la plume des Thucydides et des Xénophons: là existe encore, et je l'ai vu, un de ces chefs maniotes, qui ayant pris les armes à l'arrivée des Russes, enfermé dans une tour avec quarante hommes, soutint un siège contre six mille Turcs; il s'y défendit plusieurs jours, et les assiégeants, étant enfin parvenus à embraser son asile, virent sortir sanglants et couverts de blessures, deux hommes, un viellard et son fils.

    Ce sont ces peuples, habitants de montagnes, qui peuvent seuls mériter le nom de Grecs, et élever les autres à l'honneur d'en être dignes; c'est d'eux seuls que les Russes auraient dû attendre de vrais secours dans leur expédition en Morée, si d'ailleurs ils u eussent porté des forces proportionnées à l'importance de cette entreprise. Mais trompés par des agents qui, pour se rendre agréables, faisaient disparaître toutes les difficultés, ils arrivèrent avec des moyens trop faibles et trop insuffisants; et ces moyens eussent-ils été plus considérables, il eût fallu sans doute préparer le succès de leurs armes, par les négociations les plus secrètes, et par un grand nombre de mesures qu'ils négligèrent. Nul accord, nul concert entre les Russes et les Grecs, ni entre les différents chefs de ces dernoiers. Il semble que de part et d'autre on attendît tout des premiers efforts d'une heureuse témérité, et que les corps les plus prompts dussent être aussi les plus assurés; en un mot, dans le grand dessein de briser les fers de tant di millions d'hommes, tout parut brusque et précipité, comme l'est, dans les opérations d'une campagne, une attaque imprévue, un coup de main, ou l'assaut d'une citadelle. Qu'arriva-t-il? il n'y avait eu que quelques conspirateurs où il fallait des confédérés; il n'y eu que des séditieux, où il fallait des rebelles; la mort de cent mille Grecs fu la punition de cette imprudence, et la nation entière trembla plus que jamais devant l'instrument qui châtie les esclaves.         

    Qu'on ne crois pas toutefois qu'ils soient découragés sans retour. S'il n'est pas de leur destinée de redevenir libres, il l'est aumoins d'adorer toujours le nom de la liberté. Ils ne sont pas animés sans doute par ce sentiment éclairé des droigts de l'homme, né de l'estime de soi-même, et du respect dû  à la nature humaine, sentiment sublime qui attache une vertu au besoin de la liberté; une horreur innée de l'oppression, nourrie et fortifiée par la haine qu'inspirent les vexations du pacha, voilà la passion qui domine dans leur cœurs, et qui est inséparable de leur existance; mais tout aveugle qu'elle est, ne pourrait-elle pas devenir un puissant mobile? quels effets ne pourrait-elle pas produire, chez un peuple où il existe encore des êtres doués de l'activité la plus soutenue, de la pénétration la plis prompte, et de la plus vive énergie?

    Que de germes de talents étouffés et pèrdus! et s'ils étaient recueillis et cultivés, quels fruits ne faudrait-il pas en attendre! Je sais que pour ceux dont l'esprit timide ne rencontre partout que des obstacles, et dont l'imagination lente ne conçut jamais de ressources, ce qui n'est que difficile devient impossible ou chimérique. On m'objectera la dégradation et la mobilité des Grecs, dont je convient moi-même. Mais qui ne voit que cette dégradation tient à des causes qui ne sauraient être invincibles, et dont je propose précisément la destruction? Qui ne voit que cette mobilité qu'on leur a reprochée dans tous les temps, et qui toutefois ne les a pas empêchés de jouer un si grand rôle dans l'univers, ne pourrait les empêcher de se montrer encore avec éclat, puisqu'ils ont conservé ces qualités précieuses, source des grands talents quand elles sont cultivées, et cette vigeur, source des grandes vertus quand elle trouve l'occasion de se déployer? Voudrait-on, pour combattre l'espérance que je conserve de voir les Grecs reparaître avec honneur sur la scène du monde , voudrait-on nier cette influence si reconnue de nos jouirs, que le gouvernement, des principes nouveaux, des réformes utiles exercent sur les nations, quelques fois même en peu d'années? Oublierait-on l'empire plus grand encore, que la politique exerce sur les événements: vérités incontestables, et dont il serait si facile de multiplier les preuves.  Les Grecs placés sous un ciel favorable, dans le plus heureux des climats, environnés des lumières et des connaissances de l'Europe qui peuvent si facilement retourner vers eux, les Grecs, même dégénérés, ne pourraient exécuter contre les Turcs dégénérés comme eux, ce que les habitants des lagunes de la mer Adriatique, faibles et en petit nombre, on pu exécuter contre les essaims de barbares alors si formidables, au moins par leur multitude et par leur impétueuse férocité? Quoi, il serait impossible de réunir les Grecs de la Morée, sous les lois d'une association sagement conçue, de leurs soumetrre à une administration provisoire, en attendant une législation mieux combinée, de leur faire sentir la nécessité d'un concours unanime, et de les faire marcher tous ensamble vers la liberté, cet objet éternel de tous leurs vœux? Cette obéissance aux chefs et aux commandants, que, dans nos gouvernements monarchiques, l'intérêt de la discipline obtient si aisément du soldat, ne pourrait s'obtenir des Grecs placés entre l'alternative de reconquérir leur liberté chérie, ou de retomber au pouvoir d'un despote irrité? Plus on y réfléchit et moins ce projet paraît impraticable; l'exécution même en deviendrait facile, s'il était appuyé par les grandes puissances qui trouveraient un intérêt véritable à protéger cette révolution. Et peut-être ce noble et grand dessein est-il déjà conçu par Catherine II, par cette princessem pour qui la gloire est le premier besoin, qui a porté la philosophie sur le trône, et l'a consacrée au bonheur des hommes. Peut-être cette auguste princesse, disposant elle-même dans sa sagesse, le plan de cette révolution mémorable, instruite par l'expérience d'un règne de vingt années, et même par l'inutilité de sa dernière tentative, mieux informée des obstacles et des moyens, mieux servie par des émissaires plus fidèles, peut-être s'apprête-t-elle à ressaisir une gloire qui semble faite pour elle, et qui ne lui a échappé, que par des circonstances étrangères, dont l'influence sera détruite, des qu'elle sera prévue. Elle ne craindra point de rappeler les Grecs à la liberté, elle qui a voulu la faire connaître à la dernière classe de ses sujets: et quelle entreprise jetterai un plus grand éclat sur son règne, et tiendrait une plus grande place dans les annales du monde? Combien de ressources, de  facilités, de secours réunis autour d'elle, pour en préparer et en assurer le succès! Que de ressorts visibles ou cachés, que de mobiles puissants placés sous sa main, et qui, pour entrer en action, semblent n'attendre que ses ordres! Quels concours de circonstances, d'avantages et de moyens! cette habitude où sont les Grecs de tourner les yeux vers la Russie, et que tant de malheurs n'ont pu détruire; tous ces rapports de mœurs et d'usages entre les deux nations, cette conformité de culte, lien si respectable pour des peuples superstitieux, des prêtres qui consacreraient, par l'appareil de la religion, l'autorité des chefs dans une guerre auguste et nationale, qui lanceraient les foudres de l'anathème contre le lâche, le réfractaire et le perfide, qui ouvriraient le ciel aux martyrs de la liberté, et feraient envier la mort des victimes d'une si noble cause.

     Tels sont les moyens accessoires qui s'offrent à Cathérine, pour seconder ses armes et son génie plus puissant ques ses armes; mais il faut, j'ose le dire, il faut encore, que cette guerre utile à la Russie, presqu'autant quìà al Grèce, les Grecs croient ne combattrent et ne combattent en effet que pour eux-mêmes. La crainte de passer d'un esclavage dans un autre enchaînerait une partie de leur courage, et serait entre eux une source de divisions funestes à la cause commune. Que l'impératrice ose dédaigner l'espoir et le dessein de conquérir la Grèce; et qu'importe de compter une province de plus parmi des possessions déjà trop vastes et trop nombreuses? qu'elle n'arrache pas à quelques  malheureux, un serment de fidélité qui leur montre des maîtres où ils cherchent des appuis et des libérateurs. C'est la liberté qui jadis éleva leurs âmes aux grandes actions; et c'est par elle seule que les Grecs peuvent remonter à des vertus dont l'emploi, un jour utile à la Russie, sera la récompense de la protection qui les aurait fait naître.

    Nous ne sommes plus dans les siècles où ces maximes de modération, ces sacrifices d'une puissamce, qui se limite elle-même pour être plus solide et plus durable, étaient regardés par les souverains, comme des conseils de la morale étrangers à l'art du gouvernement, ou du moins comme des maximes douteuses et hasardées, que la philosophie cherchait à établir dans la politique, par pitié pour le genre humain. L'expérience a demontré qu'en établissant ces maximes, la philosophie travaillait autant pour les souverains que pour les peuples, si toutefois il n'est pas honteux ou même absurde de supposer des intérêts différents entre un monarque et ses sujets. Ce ne sera plus maintenant un paradoxe, mais plutôt une idée simple et commune, d'affirmer que les Grecs seront plus utiles à la Russie comme ses alliès, que comme ses sujets.

    C'est une autre vérité non moins facile à établir que, dans l'état de languer où est tombé l'Empire turc, et où les Grecs devenus libres le retiendraient encore plus sûrement, l'existence de cet Empire affaibli est un bien réel pour les deux souverains qu'on soupeçonne de vouloir l'envahir. Quel voysinage plus désirable pour l'un et pour l'autre, que celui d'un État qui les sépare en ne leur laissant que des intérêts communs! Une puissance trop faible pour agir, et trop ignorante pour s'approprier les grands avantages du commerce; cette barrière n-est elle pas préférable à ces montagnes et à ces fleuves, limites naturelles et ordinaires que les nations cherchent à placer entre elles, comme un rempart contre leurs mutuelles invasions.

    Sans avoir la prétension de surprendre des secrets réservés à ceus qui veillent à l'administration des empire, il est au moins permis de craindre, dans cette partoe du monde, une révolution dont les suites détruiraient cet équilibre qu'une politique éclairée cherche à établir, si on laissait agir librement les puissances en état de le troubler. Quel moyen plus heureux et plus sûr pour conjurer cer orage, pour maintenir cette égalité dans les forces, qui peut seule enfanter la paix, que l'existence d'un nouvel État au sein de la Grèce, dont le sol bienfaisant, fécondé par des mains libres, donnerait à la fois à ses habitants, et des besoins, et des moyens de les satisfaire?

    Tels sont me semble, les effets utiles et incontestables qu'assurerait à jamais l'existence d'un État libre dans la Morée, dont l'indépendance rendrai le Turc trop faible, pour ne pas consentir à tout ce qu'exigéraient les intérêts réunis des puissances voisines, et qui mettant cet empire sous leurs protections respectives, le garantirait de la ruine entière dont il se croit lui- même menacé.

    On sent que dans ce discours, trop long peut-être pour les lecteurs, mais trop court pour admettre tous les détails favorable à cette idée, j'ai dû me borner à indiquer les principaux avantages qu'en retireraient la plupart des nations de l'Europe. Les détails supprimés ici er répendus dans le cours de cet ouvrage donneront à mes idées le développement que je leur dérobe, et qui peut-être leur est nécessaire. J'ignore, et l'on ne manquera pas d'affirmer ce dont je suis moi-même en doute, j'ignore si elles sont nées di vif intérêt que m'inspire toujours le pays que j'ai parcouru dans ma jeunesse; mais en m'examinant avec soin, j'ai cru, je l'avoue, me sentir animé d'un intérêt encore plus général, le bien de l'humanité. Au reste, si l'on me reprochait d'avoir formé quelques vœux, sans doute trop inutiles, pour la liberté de la Grèce, j'enviterais mes censeurs à considérer e que'elle fut dans l'ordre politique, depuis les premières républiques du Péloponnèse, jusqu'à la ligue des Achéens; ce qu'elle fut dans l'ordre littérarire, depuis Homère jusqu'au siècle d'Alexandre; ce que fut Sparte, depuis Lycurgue jusqu'à Cléomène; Athènes, depuis Solon jusqu'à la bataille de Chéronée; il faudrait bien alors me pardonner d'avoir souhaité qu'il pût encore naître des hommes dans la patrie d'Aristide et de Socrate, de Miltiade et de Sophocle, d'Épaminonde et de Platon; et si quelqu'un de mes lecteurs a voyagé chez les Grecs, si en vivant parmi eux sous ce beau ciel et sur cette terre favorisée, il a senti le charme attaché au développement de leur esprit, de leur caractère et de leurs qualités aimables; s'il a reçu d'eux cette antique et touchante hospitalité qui m'a été offerte tous les jours; enfin s'il a longtemps porté le pèoids de ce contraste affligeant de leur ancienne gloire et de leur humiliation actuelle, il s'écrira peut-être avec eux, avec moi, Exoriare aliquis... [Que quelqu'un s'en lève]